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Femme je suis, oui mais…

Posted By Eve Diamant / 17 octobre 2017 / 1 Commentaire

La femme est devenue l’objet d’une vraie question ces derniers temps, née de la confusion dans le débat entre drague lourde ou maladroite et véritable harcèlement. Alors on entend ici et là, à tort et à travers, des voix s’élever contre le harcèlement. Les féministes sortent du bois.

Autant vous le dire tout de suite, je ne suis pas une féministe, selon les modèles qu’on nous expose. Ces débats, ce soulèvement qui se produisent en ce moment ont plus tendance à m’énerver et me faire doucement rire qu’autre chose. De quoi me poser la question de leur pertinence.

Il faut dire que lorsqu’on parle féminisme, on pense immédiatement Femen, Isabelle Alonso, ou encore Caroline Fourest, parmi tant d’autres. Personnellement, ce n’est pas du tout ni l’image que j’ai, ni l’image que j’ai envie d’avoir de la femme. Ces femmes cultivent une haine viscérale des hommes et c’est l’élément principal qui nourrit leur sectarisme. Pour moi, le féminisme, le vrai, l’utile, le digne, se véhicule par des noms tels que Elisabeth Badinter, Gisèle Halimi, Simone de Beauvoir, Benoite Groult ou Françoise Sagan. Et surtout Simone Veil.

Parce que je crois fermement que pour montrer de quoi on est capable, on peut avoir une « grande gueule » et le verbe haut, oui, mais il n’y a nul besoin d’être gratuitement vulgaire, de hurler pour ne rien dire ou de montrer à tout-va sa poitrine.
Il n’y a pas besoin de prouver violemment par A+B que la femme est plus forte que l’homme. Une femme n’a pas besoin d’un homme pour s’en sortir dans la vie. Je crois véritablement que c’est une chose acquise. Ne serait-ce que par le fait tangible et indéniable qu’une femme de nos jours sait heureusement, pour la plupart du moins, tout faire et n’a pas besoin d’un homme pour exister au sein de la société. Par ce qu’elle gère et endure au cours de sa vie aussi. Mais si on tient absolument à le prouver, il y a d’autres moyens, plus subtils et intelligents.

Donc ces femmes et organisations qu’on nous présente comme féministes n’existent que pour exercer de la provocation pure et simple. Et pendant ce temps, rien n’avance.

De mon côté, je revendique le droit d’affirmer que « j’ai des couilles » et d’user de cette expression. Expression que les féministes caricaturales dont je citais les noms détestent, parce que trop phallocrate pour elles. En tant que femme j’estime en avoir plus que certains hommes, qui parlent beaucoup souvent, mais qui disparaissent de la circulation dès qu’il s’agit d’agir ou assumer quelque chose!
Pour revenir au centre de ce qui agite les débats en ce moment, les femmes se plaignent semble-t-il d’être sifflées ou hélées dans la rue. Soit. Un homme vous siffle et/ou vous gratifie d’un gracieux: « Hé Mademoiselle! T’es trop bonne, tu me donnes ton 06? »?! Excusez-moi mais il n’y a pas de quoi se sentir agressée par une drague un peu lourde! Vous n’avez qu’à passer votre chemin et le problème est réglé! Si ça le soulage de s’exprimer, laissez-le donc faire!

Cependant, là où je suis totalement d’accord, c’est lorsqu’il y a violence physique, psychique ou sexuelle. Là il y a matière à s’insurger. Parce qu’aujourd’hui il y a cette cruelle réalité: la femme n’est pas entendue et on ne la croit pas lorsqu’elle se trouve réellement dans ces difficultés. Pourquoi une femme devrait subir et taire la violence physique et psychique dans le cadre conjugal, voire professionnel?
Pourquoi l’homme n’apprendrait-il pas à maitriser ses envies, ses frustrations, ses pulsions et à les réfréner une fois pour toutes sans violence redirigée vers la femme?

De même, pourquoi une femme devrait subir sans rien dire un homme qui la suit ou la menace quand elle porte une tenue qualifiée de « légère » (sur quelles bases ?), quand elle n’a pas voulu donner son numéro, quand elle a refusé des avances ou quand elle ne s’est pas laissée docilement faire par un homme qui se frottait à elle suggestivement et avec insistance dans une rame de métro bondée?
Cela fait naitre d’autres questions, d’ordre plus général: pourquoi une femme devrait-elle être la seule à assumer les tâches ménagères et sacrifier une carrière professionnelle sur l’autel du sacro-saint équilibre familial? Pourquoi une femme qui a plusieurs conquêtes à son actif est une pute alors qu’un homme qui fait de même n’est qu’un simple et poétique don Juan?

Voilà de vraies problématiques de notre époque.

D’autres progrès seraient à faire sur l’accès aux femmes à des postes importants, sur l’égalité salariale. Des efforts à faire sur qui décide de choses exclusivement féminines au sein des institutions politiques de notre pays. Pourquoi, sur des questions relatives à la GPA, la PMA, à l’avortement ou la pilule, ce serait à un pouvoir quasi uniquement masculin d’en décider?

Autre problème: la suppression du « Mademoiselle ». Moi ça me gêne. Parce que je me sens trop jeune pour être une « Madame » et… que ce terme s’adresse surtout aux femmes mariées, ce que je ne suis pas, merci! Dois-je comprendre que le destin d’une femme c’est simplement de devenir une « Madame », sans quoi elle n’a pas d’existence et d’intérêt réels au sein d’une société? Avouez que ça pose question… Je corrige systématiquement ceux qui m’appellent « Madame »… « Non, c’est pas Madame, c’est Mademoiselle! ». Tout comme je ne suis pas pour la féminisation absolue de certaines professions. J’ai beaucoup de mal par exemple notamment avec « auteure », « écrivaine » et « chirurgienne », que je préfère laisser au masculin.

Même s’il faut admettre que des hommes maltraités ça existe aussi et qu’eux se montrent bien moins encore et sont plus stigmatisés. Je tenais à mentionner cette information. En effet, selon un sondage Elabe, 7% des hommes auraient déjà eu affaire à des paroles, des gestes inopportuns relevant d’un phénomène de harcèlement de la part de femmes. De même, selon l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales (ONDRP), 149 000 hommes ont été victimes de violences au sein de leur couple en 2012 et 2013. Toujours selon l’ONDRP, seuls 3 hommes sur 100 osent porter ce type d’affaire en justice.

Les vrais problèmes et les vraies questions sont là! Si on prenait la peine d’y réfléchir, non?!

Le drame c’est aussi d’entendre des prêcheurs charlatans rigoristes à l’étranger débiter des conneries ou des insultes au sujet d’une femme qui veut, et qui doit se battre, pour conduire, porter un jeans, s’asseoir à la terrasse d’un café, divorcer, sortir seule ou simplement travailler.
Tout comme il est insupportable d’entendre ces mouvements catholiques militer contre l’avortement, la contraception. D’ailleurs… pourquoi la contraception n’incombe qu’à la femme? Si l’homme veut se mêler des affaires des femmes, qu’il commence par là!
Dans le même ordre d’idée, aujourd’hui en France une femme est pointée du doigt quand elle refuse l’idée du couple, de la maternité, du mariage, lorsqu’elle défend ardemment le bonheur du célibat, du no kids, de l’indépendance de l’habitat et du financier. Pour les femmes elle est individualiste et sans cœur, pour un homme dès lors qu’elle n’est pas douce, pour ne pas dire docile, qu’elle ne dit pas béatement « oui ! » à tout en souriant avec une voix mielleuse, ce sera juste une connasse capricieuse et chiante! Quoi qu’elle fasse, qui qu’elle soit, une femme sera toujours critiquée. Alors qu’elle fasse bien ce qu’elle veut!

Quoi qu’elle fasse, qui qu’elle soit, une femme sera toujours critiquée. Alors qu’elle fasse bien ce qu’elle veut!

Le vrai danger se trouve dans les exemples précédemment cités. Mais arrêtons avec ces polémiques stériles en forme de buzz qui n’ont pour unique raison d’être que de faire des vues, exciter les taré(e)s de tous bords et monter femmes et hommes les uns contre les autres.
Ce qui m’a amené à vous parler de tout ça c’est entre autres la dernière polémique en date selon laquelle Laurent Baffie a soulevé légèrement la robe de Nolwenn Leroy! Alors que celle-ci a révélé très vite qu’elle connait très bien l’humoriste et que tout cela l’avait amusé tout autant que lui! Il faut arrêter de voir de l’agression et un pouvoir phallocrate partout, pour tout, surtout quand c’est futile, qu’il n’y a rien de mal! Au regard de ce que vous venez de lire, vous ne trouvez pas qu’il y a plus important, plus urgent et plus sérieux qu’une plaisanterie entre deux potes?

Il faut savoir raison garder. Je suis une femme et pourtant je suis fan et tordue de rire aux blagues de Baffie et plus encore à celles de son ami Bigard! Ce qu’on appellerait de l’humour misogyne, je le pratique moi-même! Et vous savez quoi? Je critique et me moque même des femmes! Pour autant, je ne pense pas être indigne et infréquentable, voyez-vous!
Il conviendrait de ne pas confondre, comme trop souvent hélas, l’humour, la drague lourde ou maladroite d’un côté et le réel harcèlement de l’autre.

Arrêtons par contre de cautionner toutes ces émissions de real TV qui, plus que les autres, contribuent largement à salir l’image de la femme, la réduisant pour le coup uniquement à l’état de véritable objet de plaisir et de désir, un simple jouet sans cervelle ni culture. Et que dire des concours de Miss, rétrogrades au possible, basés uniquement sur la plastique des filles (ce qui exclus d’emblée toute une frange de la population qui ne se reconnait pas en elles), qui doivent répondre à des critères précis et ensuite obéir à une conduite bienpensante et dictée par le Comité… Pourtant ça, étrangement, personne ne s’en offusque…
Mais tout là-dedans n’est pas une affaire de féminisme, au fond. C’est bien une affaire d’éducation. Et une éducation qui concerne notamment… les hommes! Si les hommes étaient concernés, investis sur ces questions que je soulevais (j’espère que ça existe quand même un peu quelque part), la situation serait à n’en pas douter bien différente. Pour faire changer les choses, nous aurons, à ce niveau-là, besoin des hommes.

Soyons aussi conscientes, mesdemoiselles et mesdames, qu’on ne pourra jamais avoir une société complètement adaptée à la femme, toute acquise à elle. Ce serait même malsain. Mais si elle pouvait au moins faire quelques efforts, la société…
Le fait est que, qu’on soit un homme ou une femme, on ne peut plus dire, faire, penser ce qu’on veut sans voir la foudre s’abattre sur soi lorsqu’on aborde le sujet du harcèlement ou lorsque des polémiques nominatives sont lancées, comme celle qui concerne Baffie ici. Ce débat sur le harcèlement est un faux débat car il démarre à partir de fausses croyances, de fausses bases, de fausses références. Tout comme cette polémique mettant Baffie en cause est une fausse polémique car les tenants et aboutissants de la blague ne sont connus de personne d’autre que Baffie et Nolwenn Leroy. Ce grand tout est un faux problème pour masquer ou déplacer les vrais.

Alors être femme, oui. Féministe aussi, éventuellement. Mais alors faisons preuve de discernement et appliquons un féminisme raisonné, renseigné, ciblé et non pas un féminisme médiatico-hystérico-polémique à côté de la plaque…

Eve Diamant

L’aventure LaplisiTol a commencé par un article me concernant. Lorsqu’on m’a ensuite proposé d’y contribuer, j’ai accepté avec grand plaisir. Je l’ai surtout pris comme un véritable challenge ! En effet, même si j’écris depuis bien longtemps, je n’avais encore jamais écrit exclusivement sur la Femme et tout ce qui la touche. N’étant pas de nature à faire des concessions ou dans la demi-mesure, j’aime être l’élément perturbateur, la grande gueule, celle qui dit tout haut ce que personne n’ose exprimer ! Dans le fond je suis une femme entière, très viscérale, dont l’écriture ne l’est pas moins. Alors dans chacun des écrits qui paraîtront ici, plutôt que de me situer sur des écrits qui parlent de sexe, je souhaite pouvoir exprimer mes points de vue, mettre en lumière des problématiques et thématiques de société liées à la femme mais dont personne ne parle jamais car taboues, mal connues, jugées honteuses ou pas intéressantes. Je souhaite exposer des histoires de femmes qui d’ordinaire se taisent pour une raison ou pour une autre. Parce que je veux permettre aux lectrices (et lecteurs !) de se (re)trouver, pourquoi pas se (re)découvrir, réfléchir, penser, croire autrement… ou pas. Je peux choquer ou irriter parfois, et c’est tant mieux ! J’écris par passion, par amour des mots, pour provoquer des réactions, pour contribuer modestement à un changement, quel qu’il soit. J’écris pour être lue aussi, évidemment. Un écrit n’a de sens que s’il trouve en face de lui des paires d’yeux auxquelles se confronter. Mais je n’écris pas pour la gloire, pour plaire ou être aimée. Même si les marques d’appréciation sont toujours gratifiantes, ça va de soi. Mais lorsqu’un article est livré à la lecture, il ne m’appartient plus que parce que mon nom y figure dans la case « auteur ». La vie qui l’attend ne me regarde plus. Et c’est très bien comme ça !

Un Commentaire

  • Maria
    18 octobre 2017 at 8 h 19 min

    Un article comme tu sais les ecrire,EVe….un petit bijou pour ne pas dire diamant. Bravo
    Etque de vrai.

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