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Je décide d’habiter mon corps

Posted By La team / 17 octobre 2017 / 0 Commentaires

Aujourd’hui, 17 octobre 2017, est un jour spécial pour moi.

Cela fait exactement trois ans que j’ai démarré l’aventure LaplisiTol avec comme nulle autre ambition que de permettre à d’autres femmes de libérer leur parole sur ce pan de notre vie ô combien passionnant, révélateur qu’est notre vie sexuelle. Pour parler érotisme, sensualité, rapport au corps et à l’intime. Avec simplicité et bienveillance.
Afin de permettre à toutes celles qui nous liraient de se départir des boîtes dans lesquelles elles seraient consciemment ou inconsciemment enfermées. Pour assumer, être actrice de sa sexualité. Assumer le fait d’être un être sexuel avec des attentes, des désirs, des envies, des émotions.

Car dans le sexe tout est en jeu. Tout est lié. On cache ou on dévoile mais tout de nous est en jeu.

Comment je me donne à l’autre?
Quelle place je lui donne?
Qu’est-ce que j’attends de ce rapport sexuel?
Qu’est-ce que je projette? De culturel? De sociétal? De politique?
Dépouillé de tout cela, que reste t-il?

Et quand on a vécu des expériences traumatisantes, comment guérir et faire la paix avec ces mauvaises expériences?

Qui je suis quand je fais l’amour? Comment je désire? Suis-je complètement là dans le rapport sexuel.
Est-ce que je note l’odeur de l’autre.
Le lieu, l’ambiance, le bruit environnant. La température?
Quel goût a l’autre?
Est-ce que je prête attention aux sons que l’on émet, à la chaleur des contacts, à mes sensations, à mes émotions.
Suis-je avec l’autre, est-ce que je pose mon regard sur l’autre : oui, non , pourquoi?

Quels sont ces mots que l’on dit, ces mots qui nous excitent, augmentent l’intensité de notre désir?

Le corps comme langage…

Tant de questions que je me pose moi-même.

LaplisiTol est pour moi une évidence, parce que j’estime que nous avons le droit d’exprimer ce qui a trait à une part de nous qui participent du fait même d’être en vie.
Parce que j’ai des choses à dire, même si elles prennent du temps à sortir, qu’elles ont du mal à franchir l’étape du clavier (petit clin d’oeil).
Parce que je suis un être désirant, désirable et désiré. Et que j’aime ça.
Parce que je suis sûre que si on s’éclatait tous – un peu plus, un peu mieux, en se respectant – sexuellement, qu’il y aurait un peu plus de bonnes énergies dans ce monde, l’air serait moins lourd.

Mais pour être honnête, si toutes ces questions je me les pose, les réponses sont plus que nébuleuses.

Parce que pour cela, il faut pouvoir se laisser approcher par l’autre, toucher par l’autre.
Il faut habiter son corps.

Or, moi cela fait si longtemps que je ne l’habite plus mon corps.

Au fil du temps, il s’est fait tour à tour combinaison, déguisement… Je crois que jusqu’à maintenant je n’avais pas intégré que ce corps, tel qu’il est actuellement,tel qu’il s’est développé, avec ses plis et replis, ses imperfections, ses faiblesses, que ce corps est mien, entièrement mien.
Dans mon esprit, je revêts une combinaison. Au fil du temps, cette combinaison est devenue plus imposante, plus lourde, elle est même devenue un déguisement… Et, quelque part en chemin, j’ai arrêté de m’en alarmer. Parce que cela était nécessaire. Question d’équilibre mental. Pas assez d’énergie pour gérer tous mes problèmes. J’ai bien tenté mais je n’en sortais que plus épuisée, abattue, déprimée.

Alors je l’ai mis de côté, oublié, en lui disant “On verra après. Là, j’ai pas la force”. Et il fallait bien vivre, alors…

C’est un déguisement, c’est comme cela que je l’imagine. Ce déguisement n’est pas moi. Je vis à l’intérieur, mais mon vrai moi, mon enveloppe réelle se trouve en dessous de ce déguisement.

Je ne me regarde pas. Ça va comme ça, c’est bien assez. Il se rappelle déjà bien assez à mon souvenir, quand je marche et que mes cuisses se frottent : «Mon pantalon tiendra t-il, pourvu qu’il ne se déchire pas sur le trajet. Vais-je trouver une place pour m’asseoir dans les transports, pourvu qu’il n’y ait pas trop de monde. Je m’assieds ou je m’assieds pas. Non mais là je vais gêner. Mieux vaut pas. Je vais rester debout ça vaut mieux. Oui, mais je vais gêner quand les gens voudront descendre. Le coin c’est mieux.» Ça va, c’est bien assez.
Être invitée à aller prendre un verre et chercher sur internet les images du restaurant : «Est-ce que le siège me conviendra, me supportera t-il. Pffff, mieux vaut que je dise non.» Ça va, c’est bien assez.

Alors me laisser le bonheur de vivre mes désirs, mes fantasmes, n’était pas à l’ordre du jour. Jouer au jeu de la séduction, donner de la place à l’autre, me laisser aller. Pas possible pour le moment.

Et puis un jour de juillet mon corps m’a dit merde, il s’est rappelé à mon bon souvenir.

Il m’a dit : “J’ai plus envie d’attendre. Go fuck yourself ! ». Il a de l’humour, mon corps.

J’ai donc décidé de l’écouter.

Je décide de m’aimer.

En m’aimant mieux je pourrai l’aimer cet/cette, l’aimer mieux, l’aimer bien. De tout mon corps.

Alors, moi qui juste qu’ici me suis impliquée un peu mais pas trop dans ce projet, j’ai décidé d’essayer de partager un peu plus encore avec vous.

Alors voila, en ce jour du 17 octobre 2017, je me libère.

Et je vous envois plein d’amour.

À toi La Tchipie qui nous a fait passé directement à la case “On le fait”, en oubliant le “Et si on faisait…”. Merci ton audace, pour ta générosité, pour ta bonne énergie, pour toutes ces fois où tu me pousses à prendre ma place malgré moi. Rires.
À toi Jo pour ta capacité à t’émouvoir et t’émerveiller de tout, ce qui est agréablement contagieux.
À toi Eva pour ton regard sur la vie, ta positivité à presque toute épreuve.
Merci les filles pour votre présence et votre support.
À toi aussi A.M.G qui a été le témoin amusé de notre envie de mettre du fun dans nos vies en entraînant le plus de gens possible dans cette belle aventure. Parce que plus on est de ptits fous, plus on rit, plus la vie est douce.
Merci pour cette amitié qui nous grandit. En bienveillance.
Je suis heureuse de vous avoir dans ma vie.
Et à vous tous qui nous lisez, qui vous confiez, qui partagez un bout de votre vie, qui nous faites frissonner, qui nous faites pleurer, rire aussi, anpil anpil lanmou (beaucoup beaucoup d’amour).

Et continuons à oser.
Oser.
Oser être.
Oser se dire.
Oser se raconter.
Oser vivre.
Oser partager.
Transmettre.
Se surprendre
Se découvrir
Sex-primer.

Parce que chacune et chacun de nous comptent, parce que nous avons beaucoup à exprimer et à partager.

Ouvrons-nous aux miracles de la vie.

A pa pawol an lè.

Ingrid Augustine a.k.a Jay 😉

 

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